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dimanche 5 février 2017

Un coeur fier

de Pearl Buck


Le pygmalion de Susan l'avait prévenu : ce n'est pas possible de vivre son art, et de vivre une vie rangée. La vie n'attend pas, et son art non plus, Susan ratera (?) un mariage peut-être, mais ne reniera rien. Un récit âpre et très contemporain. Une histoire d'actualité, toujours, pour nombre de femmes. Un regard sur l'appel de l'art qu'on imagine en partie biographique.

Le premier siècle après Béatrice

d'Amin Maalouf


Un livre très doux, très tendre, malgré le sujet proche de l'actualité pour certains pays asiatiques, un sujet plutôt triste.
Amin Maalouf fait une vraie déclaration d'amour aux femmes en général, dans une histoire intéressante. Proche du Robert Merle des "hommes protégés", et en même temps bien plus actuel, un roman à lire sans façon en se laissant bercer par la plume de Maalouf.

De père français

de Michel Castillo


Un livre terrible, sec et froid, distillant par descriptions successives de mesquineries le non-amour puis la haine d'un fils pour son père et de ce père pour le fils qu'il découvre, après avoir tout fait pour ne pas le voir. Se remet-on un jour des blessures d'enfance. Pour del Castillo la réponse est clairement "non".

samedi 4 février 2017

Une gourmandise

de Muriel Barbery



très longue nouvelle, plutôt que roman, cette "gourmandise" est difficile à aborder. Elle est bien plus aride que le roman célèbre du même auteur (l'élégance du hérisson) et autrement moins attrayante à première vue.
On peut se laisser aller à déguster, mais s'y ennuyer aussi?

Marcovaldo

d'Italo Calvino



Rien de fantastique, au sens littéraire, dans ce roman de Calvino, pour changer, mais le personnage a tout du fantasque : ouvrier souvent dans le bâtiment qui s'attache à la nature et la déniche là où elle est le plus rare, Marcovaldo est un vagabond poète des villes, qu'on suit tranquillement, sans jamais lâcher le livre.
Du Calvino grand cru côté qualité d'écriture. De l'émotion.

Temperance Brennan tome 13 : les traces de l'araignée

de Kathy Reichs





Voici un cru très correct de notre anthropologiste judiciaire préférée... certes, l'auteur utilise subterfuges et alibis un peu légers pour nous emmener à Hawaï, mais on la suit avec plaisir.
Tout n'est pas d'un tenant absolument rigoureux, mais c'est efficace et distrayant.
On sent simplement que Kathy Reichs a laissé notre bonne vieille Tempérance être débordée par son alias télévisé, et s'est transformée en machine à penser, à agir, avec des sentiments et émotions moins à fleur de peau que d'ordinaire.

samedi 28 janvier 2017

Vent d'Est, vent d'Ouest

de Peal Buck




C'était le Pearl Buck à lire, celui par lequel une génération découvrait cette auteur... sans doute parce que le plus lié à notre culture, avec ce choix de l'époux de l'héroïne de l'initier à l'occident, et à apporter l'occident à petites touches dans sa maison, dans sa Chine. L'héroïne, une jeune femme mariée par un accord entre deux familles, est idéale au regard des critères demandés : jolies, sachant s'habiller, jouer de la harpe, pieds bandés... mais le mari refuse tout cela. La voici perplexe, puis perdue. Mais son époux et elle réussiront à trouver un terrain d'entente, et elle en viendra à avoir beaucoup de recul elle aussi sur ce qui vit sa mère dans la grande maison traditionnelle au milieu des nombreux mariages du père.
Ce roman lie deux cultures très éloignées mais porte un regard distancié aussi sur le mariage et la vie d'un couple : pas de grand amour qui se découvre, mais pas non plus d'horrible mariage arrangé qu'il faut fuir. Les deux époux construisent leur relation, et en cela c'est un roman très moderne, en plus d'évoquer le thème des échanges culturels

Tout son portrait

d'Isabel Wolff



Résultat de recherche d'images pour "tout son portrait"


On ne s'envolera pas vers les sommets de la littérature, mais on ne sera pas déçu en ouvrant ce livre : l'auteur est égale à elle-même, c'est à dire dans la contemplation d'une héroïne forcément attachante, avec des bagages un peu lourds, et un beau mâle, séparés par quelques péripéties ni aventureuses ni extraordinaires, dont on devine tout avant même qu'elle en instille le soupçon dans le texte.
Qu'est-ce qui fait alors qu'on lit l'un après l'autre les livres d'Isabel Wolff ?
Un regard tendre sur ses héros, une petite musique agréable à l'oreille dans le déroulé de l'histoire, le tout est bien qui finit bien "on a réglé tous les problèmes et on n'est même pas fâchés", et un petit monde effleuré tranquillement et très légèrement, qu'elle a bien étudié avant et distille à toutes petites doses (ici le monde des portraitistes, comme la mode vintage dans le précédent)...
Une petite heure de lecture agréable, dont on ne se souviendra pas, mais qui fait du bien en passant.

Flight

de Sherman Alexie




Soyons honnête, cela fait plus de 15 ans que je suis totalement amoureuse de Sherman Alexie : son style, son écriture, ses propos, son imagination, et tiens, même l'homme aperçu sur les photos de promotion éditoriale.
Alors difficile d'être autrement que dithyrambique sur ce roman, tiré de ma BAL comme un petit plaisir coupable entre autres livres plus légers ou plus plus longs...
Si je voulais être vraiment vraiment honnête (attention spoiler)... je dirais que le procédé utilisé nous indique dès le début qu'il y aura une fin plus heureuse que l'ensemble du livre ne nous le laisse deviner mais dans le même temps, on la souhaite au héros, cette fin, non que cette histoire terrible et réaliste de métis indien à l'abandon tire des larmes, non, justement parce que très réaliste, mais parce qu'à force de lecture, on s'y attache à ce mauvais garçon.
Dernier sursaut d'honnêteté, ce n'est pas le meilleur Sherman Alexie lu. 

Mais une fois de plus, je suis tombée dedans, absolument, complètement.

Délivrance

de Jussi Adler-Olsen




an dès le premier roman lu, je suis passé en ebook pour lire plus vite ce troisième opus à un prix abordable... je n'ai pas été déçue, et même été plutôt ravie de retrouver des personnages qui m'avaient plu dans les deux premiers romans.
Toutefois, j'ai trouvé l'intrigue moins prenante, voire un peu tirée par les cheveux dans les chemins empruntés pour sa résolution... on voyait surtout le film possible derrière les détours des descriptions.
Le méchant ici ressemble un peu trop aux serial-killers des séries US pour vraiment être effrayant, mais on pardonne ces petits détails pour toute la verve à décrire un de ces policiers qu'on aime, comme on aimait les détectives plein de défauts des romans noirs des années 50 ou 60 : perdu, surnageant entre de nombreux proches aux personnalités envahissantes, parfois perplexe et incapable de grandir pour prendre des décisions, et en même temps tellement efficace malgré tout.

lundi 23 janvier 2017

Dossier 64

de Jussi Adler-Olsen


Après un troisième opus où quelques détails m'avaient importunés suffisamment pour légèrement moins aimer ce petit monde, le quatrième est une intrigue très bien construite autour de personnages glaçants et authentiques.
On retrouve tout le petit monde du département V et on a même très peur pour eux, ce qui n'arrivait pas dans les précédents tomes... vivement la suite !

dimanche 22 janvier 2017

La vérité sur l'affaire Harry Quebert

de Joël Dicker



Dicker a écrit un vrai roman à l'américaine... entendre par-là qu'il est construit comme beaucoup d'auteurs américains, et rarement d'autres, savent construire un roman. 
De là à en faire un chef d'oeuvre : non.
Mais c'est une réelle "chouette lecture de vacances", le genre de gros pavé que vous pouvez emmener et déguster à n'importe quel moment de la journée, et dans lequel rebondissement et fausses pistes vous promènent tranquillement.
Des défauts ? Ah mais oui... en vrac : comment croire à l'amour entre le personnage central et la jeune fille ? Comment expliquer certain(e)s pulsions/dérives/agissements de personnages que rien ne laissait prévoir sinon le besoin de créer des rebondissements ? (bon d'accord, il aurait alors fallu écrire un livre de 1000 pages!)... comment comprendre la complicité soudaine qui permet à un écrivain de bosser main dans la main avec la police ? Etc.
Mais oui, on prend plaisir à le lire, ce fameux roman !

Qu'avons-nous fait de nos rêves ?

de Jennifer Egan



Que de mal pour finir ce livre... il m'a fallu quatre soirées, autant dire une éternité. Et une éternité à s'arracher les cheveux pour s'accrocher, page après page, en se disant qu'il avait plu, et beaucoup plu ce livre...
mais pourquoi, tiens ?
Alors oui, la construction typique du roman à l'américaine : excessivement construit, calculé, maîtrisé dans l'architecture, et dans la livraison en chorale, est une sorte de prouesse technique. 
Et effectivement le changement de style ou presque pour chaque personnage est impressionnant mais pas au point déjà de cacher les maladresses quand l'auteur emprunte certains genres. Bon.
Mais ensuite ?
Que fait-on de cette virtuosité ? 
Pas grand chose. Une histoire dont on ne voit jamais la fin. Des personnages qui se croisent d'époques en époques, et qu'on attend et s'attend à trouver. Des historiettes peu glorieuses dont on rêve ce que d'autres américains en auraient fait.
Des nombrils et des egos sur lesquels on achoppe au lieu d'accrocher.
Et une fin qui laisse pantois. Ah ? Tout ça pour... pour quoi déjà ?

Ouf, il est fini, et sorti de ma PAL

Le chardonneret

de Donna Tartt




Alors ce chardonneret ?
Bien écrit, bien construit, intéressant, fluide, animé presque d'une vie propre...
mais à l'inverse du premier roman de l'auteur, il reste un peu décevant. Certaines choses semblent "trop" : cette fin qui balbutie autour de thèmes donneurs de leçons et qui n'ont plus rien à voir avec l'histoire, ce copain russe ou pas un peu too much dans son genre déglingué/mafieux/perdu, le décès de deux personnages intéressants mais dont la mort n'enrichit pas le récit...
le charme agit, on lit sans s'arrêter, et pourtant, pourtant, on sait qu'on ne retiendra pas l'histoire en tête comme d'autres oeuvres marquantes.

Le cortège de la mort

d'Elizabeth George




Il faut déjà passer le titre nul de l'édition française, qui ne se rapporte qu'à un des éléments de la vie d'un des témoins du meurtre, et qu'on peut lire aussi comme un étrange accompagnement du fait divers terrible qui feuilletonne le long de ce polar. Je suis une adepte d'Elisabeth George depuis le premier paru en poche... j'ai acheté celui-ci il y a de longs mois, car sa taille méritait d'avoir au moins 5 jours devant soi : ces polars, j'y entre, et aucune autre lecture ne doit interférer.

vendredi 20 janvier 2017

Crime par ascendant

de Ruth Rendell





Ruth Rendell est la seule romancière à savoir créer des énigmes qui ne sont pas policières dans des histoires qui ne le sont pas non plus mais qu'on lit quand même comme des polars. Elle sait tout y faire, et surtout nous captiver, là où d'autres auteurs nous auraient déjà lassés, et fait lâcher le roman... au détour de recherches généalogique, on peut découvrir parfois des secrets qui ont force d'énigme policière, et cela suffit à donner un bon roman.

Qu'est-ce qui fait courir Julia Verdi ?

de Geneviève Lefèbvre




Tu ouvres le roman, grimaçant un peu sur la 4e de couv' qui te fait pressentir une énième histoire type chick litt' et que peut-on inventer de plus dans le genre ?
Et puis, peu à peu, le récit te prend. 
Oh l'héroïne n'en est pas vraiment une, et c'est sans doute ce qui fait qu'on la suit, parce qu'elle chemine peu à peu vers l'âge adulte, sans renoncement mais en apprenant à se connaitre, et c'est un sentier qu'on finit toujours par suivre soi-même... 
L'auteure est douée pour, d'une ligne claire et simple, décrire ces méandres et ces petits mouvements de tous les jours qui peu à peu mènent vers soi.
Je passe sur la rédemption par les animaux, juste parce que ce n'est pas ma tasse de thé, mais pour autant, encore une fois, l'auteure sait très bien nous donner un aperçu sur un un petit monde précis et particulier avec les passants du parc à chiens.
Que deviendra l'héroïne ? Il y a des pistes. On peut s'en inventer d'autres. Mais elle s'est révélée, et c'est la seule chose qui importe.
Alors non, ce n'était pas un p'tit bidule de chick litt' supplémentaire.
C'était un roman doux-amer, moderne, et enlevé.

jeudi 19 janvier 2017

Les déferlantes

de Claudie Gallay



 



"Janvier, le Cotentin, toute la côte est blanche. Et sa tête de chien hurle contre la Manche. J'y allais pour guérir des peines inguérissables, poncer des souvenirs entre les grains de sable..."

L'auteur a dû entendre cette chanson d'Allain Leprest. Son Cotentin, c'est vraiment ça. On y est. Et ceux qui connaissent savent à quel point la description faite dans le livre est juste. Effrayante et exacte.

Après, il y a l'histoire qui affleure, pour pouvoir présenter les lieux et les descriptions. Et cette histoire, on l'a presque déjà lu ailleurs, dans des polars à atmosphère, dans des romans des familles... là n'est pas l'important.

Ce qui est là, vraiment, autour de soi, c'est la Manche et la terre rude du Cotentin.